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« Nous n'avons pas un château mais un appartement » : dans le 13e, celles qui nourrissent les chats des rues

Publié le 31 octobre 2026

Un chat noir et blanc, l'un des chats des rues du 13e arrondissement de Marseille

Pas un refuge

Ils ont des noms. Jade, la tigrée aux yeux verts. Kebir, le vieux matou blanc et brun. Félix, tout noir, qui tire la langue sur sa souche. Cookie.

Ce sont des chats des rues du 13e arrondissement de Marseille. Ils vivent au pied des immeubles, sous les voitures des parkings, dans les talus entre deux résidences. Et chaque jour, quelqu'un vient changer leur eau et remplir leurs gamelles.

Ce quelqu'un, ce sont les bénévoles de l'Association Protection, Droit et Défense (son nom complet est plus long : de l'Environnement, du Citoyen et Locataire, de la Protection Animale, d'où le sigle E.C.L.P.A.B.P.A.). L'association a été déclarée en 2021. Son groupe Facebook réunit aujourd'hui plus de 220 membres, et elle s'occupe de cinq sites de nourrissage dans le quartier, où vivent une centaine de chats.

Elle n'a pas de locaux. Elle n'a pas de refuge. Et elle tient à ce que ça se sache, parce que son téléphone sonne trop souvent pour de mauvaises raisons. Fin août, Yamina, sa présidente, l'écrivait sans détour : « Nous ne sommes pas un refuge et encore moins des salariés de la protection animale. » Et, plus fatiguée encore : « Nous n'avons pas un château mais un appartement. »

Jade, chatte tigrée aux yeux verts
Kebir, vieux matou blanc et brun
Félix, chat noir, sur une souche d'arbre

Le quotidien des sites de nourrissage

Les photos que l'association nous a confiées racontent mieux qu'un long discours ce que « nourrir les chats des rues » veut dire.

Des gamelles posées au bord d'un trottoir, contre une bordure d'herbe. Des boîtes de croquettes en plastique rangées sous une bâche. Une colonie de six ou sept chats qui mange autour d'une caisse rouge, au milieu d'une pelouse d'immeuble. Et partout, des abris faits main : des cabanes en bois sur palettes, des caisses isolées alignées sous une bâche bleue, un petit village de niches montées avec ce qu'on avait sous la main. Pas pour faire joli. Pour que les chats aient un endroit sec où dormir l'hiver.

Une colonie de plusieurs chats mange dans des gamelles disposées sur l'herbe, autour d'une caisse de transport rouge

Cinq sites, tous les jours, quel que soit le temps. Un chat des rues qui n'est pas nourri aujourd'hui ne rattrape pas demain.

Rangée d'abris faits main pour chats, sous une bâche bleue Cabanes en bois et en polystyrène installées en hauteur pour abriter des chats, avec deux chats à proximité

Le 9 septembre

Certains jours sont plus durs que d'autres.

Le 9 septembre, en descendant nourrir les chats au pied de chez elle, Yamina a découvert qu'un incendie avait ravagé l'un des coins où dormait une partie de la colonie, sept chats au total. La végétation avait brûlé, des voitures garées à proximité aussi. Cookie n'a pas été revu ce jour-là.

Il a été retrouvé depuis.

Un chat noir et blanc allongé sous le pare-chocs d'une voiture rouge, garée dans la rue

Il y a des quartiers où les chats des rues sont acceptés, et d'autres où ils dérangent. Les bénévoles, elles, sont là dans les deux cas.

Leur devise tient en une ligne : « Parce que chaque vie compte. » Et leur projet le plus ambitieux, inscrit en tête de leur bulletin d'adhésion, c'est un jour un refuge avec un dispensaire pour les chats et les chiens errants du secteur.

Stériliser : la seule solution qui dure

Nourrir ne suffit pas, et l'association le sait. Une colonie qui n'est pas stérilisée double en quelques saisons, et les chatons nés dehors ont une vie courte et dure.

C'est pourquoi le premier objet de l'association, celui qu'elle a inscrit dans ses statuts, est la stérilisation et l'identification des chats. Un chat stérilisé, identifié puis relâché sur son lieu de vie est un chat libre : il reste dans le quartier, mais la colonie cesse de grandir.

Depuis début 2022, l'association a fait stériliser 51 chats. Avant d'exister sous son nom, de 2019 à 2022, ses bénévoles travaillaient déjà avec une autre association, Nos Amours de Minous Oubliés, et de nombreuses stérilisations ont été faites à cette époque. D'autres encore sont passées par le dispositif de la Ville de Marseille, la SPA ou la Fondation Clara. Une dizaine de chats attendent aujourd'hui leur tour.

Toutes les histoires ne finissent pas bien : sur les 51 chats stérilisés, dix sont morts depuis, et beaucoup d'autres ont disparu. Quatre chats des sites sont aujourd'hui en fin de vie, et l'association les accompagne jusqu'au bout.

Chaque stérilisation a un coût, et l'association le paie en grande partie elle-même, grâce aux dons et aux adhésions. C'est pour ça qu'elle a ouvert une cagnotte en ligne : « pour stériliser, soigner, nourrir nos chats des rues ».

Ce que l'association paie, chat par chat, chez le vétérinaire :

Acte Tarif payé par l'association
Stérilisation et identification d'un mâle55 €
Stérilisation et identification d'une femelle90 €
Test FIV28 €
Test FIV et leucose37,20 €
Primo-vaccination (chat d'intérieur)51,20 €

Une femelle des rues qu'on stérilise, qu'on identifie et qu'on teste avant de lui chercher une famille, c'est déjà plus de 125 €. Multipliez par la dizaine de chats qui attendent leur tour.

Un chat tigré et blanc à côté d'une gamelle de croquettes posée sur une bâche

Les soins aussi sont à sa charge. En 2022, une collecte en ligne avait permis de nourrir Eros, un chat de 10 ans atteint d'arthrose qui avait du mal à se déplacer. Il y en a eu d'autres depuis, pour Minette ou pour Figaro, qui n'avait presque plus de dents. Chaque vieux chat malade du quartier, c'est un suivi vétérinaire de plus.

46 adoptions

Certains chats des rues ne sont pas faits pour la rue. Les plus sociables, l'association leur cherche une famille : 46 adoptions depuis mars 2022. En ce moment, plusieurs chats attendent encore, sur les sites et chez Yamina.

Ce qui aide vraiment, et ce qui n'aide pas

Ce qui n'aide pas, c'est d'appeler l'association pour lui confier un chaton trouvé ou un chat dont on ne veut plus. Elle n'a pas de place pour l'accueillir : c'est un appartement, pas un refuge. Chaque appel de ce genre est une heure de moins pour les sites de nourrissage.

Ce qui aide, en revanche :

  • un don, même modeste : il paie les stérilisations et les soins, que personne d'autre ne finance. 👉 Leur cagnotte en ligne ;
  • un don régulier : 1 € par mois par carte bancaire via leur groupe Teaming, ou le parrainage d'un chat pour 10 € par mois ;
  • une adhésion : 25 € par an, 5 € pour les étudiants et les demandeurs d'emploi ;
  • des croquettes et des pâtées, à déposer en contactant l'association ;
  • adopter un de leurs chats sociables, qui attendent une famille sur les sites ou chez Yamina ;
  • faire stériliser son propre chat, tout simplement. Ce sont les portées non désirées d'aujourd'hui qui remplissent les colonies de demain ;
  • partager leur groupe Facebook, pour que leurs appels touchent plus de monde.

👉 Leur groupe Facebook · leur fiche sur animac.fr · Téléphone : 06 58 50 13 09 · E-mail : associationprotectiondroitetdefense.ECLPABPA@hotmail.com

🐾 En novembre, vos avis vont chez elles

Chaque mois, une association de protection animale reçoit la cagnotte d'animac.fr, à tour de rôle : ce n'est pas un concours. En septembre, Les Nounous des Errants du Beausset ont reçu 50 €. En octobre, c'étaient Les Roselières, à La Ciotat. En novembre, c'est le tour de l'Association Protection, Droit et Défense.

Le principe : chaque avis déposé sur animac.fr fait monter la cagnotte. Votre vétérinaire, votre toiletteur, votre animalerie, la pension de votre chien. Ça prend deux minutes et c'est gratuit.

Avis déposés dans le mois Reversés à l'association
22 €
56 €
1014 €
2030 €
3050 € — le maximum du mois

50 €, c'est modeste, et on préfère le dire. Mais c'est presque la stérilisation d'un chat mâle, ou plus de la moitié de celle d'une femelle. Et votre avis sert deux fois : il aide le prochain propriétaire à choisir son vétérinaire, et il finit dans la gamelle d'un chat du 13e.

Déposer un avis Suivre la cagnotte

Photos : Association Protection, Droit et Défense.

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